Le retour en grâce de Richard Gasquet

Le retour en grâce de Richard Gasquet

Richard GasquestL’index pointé sur sa tempe, Stan Wawrinka fait signe que tout va se jouer dans la tête. Le Suisse, qui vient de triompher à Roland-Garros en déjouant les pronostics face au numéro 1 mondial Novak Djokovic, sait que son adversaire du jour, sur le gazon de Wimbledon, n’est pas réputé pour son mental à toute épreuve.Ce mercredi 8 juillet, Richard Gasquet mène 5-3 dans le cinquième et ultime set. Le Français sert pour une place en demi-finale et perd le jeu. Mais cette fébrilité pour laquelle l’éternel « petit Mozart » du tennis est si souvent raillé, cette fois, ne le paralyse pas. Au terme d’un combat de près de 3 heures 30, Richard Gasquet finit par terrasser Stan Wawrinka (6-4, 4-6, 3-6, 6-4, 11-9) pour se hisser pour la deuxième fois de sa carrière dans le dernier carré du Grand Chelem londonien.

La première fois, c’était en 2007 et le grand espoir du tennis français avait signé l’un des plus beaux exploits de sa carrière, contre l’Américain Andy Roddick, remontant un handicap de deux sets à zéro. Peut-être que la victoire face à Wawrinka deviendra son nouveau match référence. « Des matchs comme celui d’aujourd’hui, ça reste, a reconnu Richard Gasquet à la sortie du Center court. Ce sont des grands matchs contre des grands joueurs. Ce sont des moments que tu n’oublies pas. »

Coup d’arrêt

Dans le dernier set, le Biterrois a dû se repasser le film de ce cruel huitième de finale perdu au cinquième set (8-6) il y a deux ans, sur la terre battue de Roland Garros face à… Stan Wawrinka. Le Français avait eu du mal à encaisser. Il faut dire que celui qui occupait la place de n°1 mondial chez les Juniors en 2002 et qui est aujourd’hui 20e joueur mondial n’a pas vraiment eu la carrière rectiligne et ascendante qu’on lui promettait. Elle a même connu un gros coup d’arrêt lorsqu’il est contrôlé positif à la cocaïne en 2009 à Miami lors du tournoi de Key Biscayne. Gasquet, pépite du Team Lagardère, se fait alors plus remarquer par ses prestations en boîtes de nuit que par ses coups de génie sur les courts. Il use les entraîneurs (Deblicker, Noah, Peyre, Benhabiles, Markus…) comme les cordes. Et enchaîne les blessures.

Il y a encore quelques mois, la saison du Français était d’ailleurs encore une fois compromise à cause de douleurs récurrentes. La faute à un dos en compote qui l’a contraint à l’abandon à Indian Wells, en mars. « Heureusement que les infiltrations existent, sinon je ne serais plus sur les courts aujourd’hui », confiait-il dans L’Equipe, la veille de son quart de finale contre Stan Wawrinka. « Je ne suis pas un survivant, mais je suis content d’être revenu à ce niveau-là après des moments aussi difficiles », reconnaissait-il après la rencontre.

Face au quatrième joueur mondial, au-delà d’une démonstration mentale inhabituelle, Richard Gasquet a en effet étalé ses qualités physiques retrouvées. Décidé à s’illustrer offensivement, montant régulièrement à la volée, le Français s’est aussi démarqué en défense.

Belle opération

Avec cette victoire sur le gazon londonien, Richard Gasquet met aussi fin à l’invincibilité de « Stan the Man » face aux Français depuis sa victoire en Coupe Davis, en novembre 2014, avec son compatriote Roger Federer. Et venge ­ – en partie – ses camarades tricolores, sept mois après la finale perdue de Villeneuve-d’Ascq… et quelques semaines après un nouveau camouflet infligé par leurs bourreaux helvètes à Roland-Garros. La paire « Federinka » avait alors douché les espoirs des Français sur la terre battue parisienne : Stan Wawrinka avait été sans pitié pour Gilles Simon et Jo-Wilfried Tsonga battus tour à tour en huitièmes puis en demi-finale, alors que Roger Federer avait seulement été ralenti par la nuit pour prendre la mesure de Gaël Monfils.

Mercredi 8 juillet, sur le Center court, le septuple vainqueur de Wimbledon a continué son travail de sape en balayant Gilles Simon en trois petits sets (6-3, 7-5, 6-2) entre deux averses. Maître Roger disputera vendredi 10 juillet sa dixième demi-finale à Wimbledon face au chouchou du public, le Britannique Andy Murray.

Richard Gasquet, lui, n’en sera donc qu’à sa deuxième. Le Français est d’ores et déjà assuré de faire une belle opération au classement mondial en grimpant au minimum au 13e rang, au mieux à la 9e place en cas de première victoire dans un Grand Chelem. Mais pas de quoi s’emballer. Le prochain obstacle se nomme Novak Djokovic. En huitièmes de finale de Roland-Garros, début juin, le numéro un mondial n’avait laissé aucune chance au Français, étrillé en trois sets. « Je ne me souviens du score, mais ça avait été sévère [6-1, 6-2, 6-3]. Je veux faire mieux qu’à Paris. Il faudra que je sois agressif, constate, lucide, le Français. Mais le plus important pour moi, c’est de me dire que je peux gagner le match. Entrer sur le court avec la conviction de pouvoir l’emporter, c’est un point sur lequel je dois travailler mentalement. » Une confession si rare dans la bouche de Richard Gasquet qu’elle sonne peut-être comme un déclic.

lemonde.fr

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